Hommage à Léa PoolPrix Albert-Tessier 2006
Photo: Thomas Konigsthal Depuis vingt-cinq ans, Léa Pool est reconnue comme une cinéaste au parcours singulier, marqué d’une remarquable cohérence. Dès 1984, La Femme de l’hôtel, son premier long métrage, participe au Festival de Berlin puis reçoit, entre autres, le Prix de la critique québécoise aux Rendez-vous du cinéma québécois, le Prix de la presse internationale au Festival des films du monde, le Prix du public au Festival de Créteil et le Prix de la meilleure actrice au Festival de Chicago. Cette reconnaissance, tant de la critique que du public, et au Québec comme à l’étranger, est une constante dans la carrière de Léa Pool. Ses films ont été sélectionnés dans une centaine de festivals à travers le monde et ont remporté une dizaine de prix au Québec ainsi qu’une quarantaine de prix internationaux. Le rayonnement de l’œuvre de Léa Pool est manifeste et durable, comme en témoignent son titre de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres de France, en 1994, la présence d’À corps perdu et d’Emporte-moi dans la liste des 20 meilleurs films québécois dressée par La Presse, en 2003, ainsi que les nombreuses rétrospectives tenues au Québec, en France, au Japon, en Suède et aux États-Unis, entre autres au MoMA de New York. Son œuvre illustre brillamment l’adage selon lequel «Pour être universel, il faut être personnel.» À travers une dizaine de longs métrages, quelques courts métrages et plusieurs productions télévisuelles, elle a exploré autant la fiction que le documentaire, plaçant au cœur de sa démarche la quête de l’identité et plus particulièrement celle des femmes. Dans les thèmes comme dans la forme, son travail a su évoluer et mûrir tout en restant fidèle à ce qui en fait l’originalité profonde. S’il est vrai que les créateurs sont des miroirs de la société dans laquelle ils vivent et des messagers de l’inconscient collectif, Léa Pool est assurément une porte-parole privilégiée de la réalité et de l’imaginaire québécois. De la quête identitaire à la représentation de l’hiver (une des rares cinéastes à s’y frotter!), en passant par les empreintes de l’immigration et la dualité homme-femme, ses films offrent un regard sensible et perçant, à la fois intérieur et extérieur, sur ce que nous sommes. Les Rendez-vous du cinéma québécois sont fiers de rendre hommage à la lauréate du Prix Albert-Tessier 2006, prestigieuse récompense du gouvernement du Québec qui souligne avec éclat le travail remarquable de l’une des voix majeures du cinéma québécois des vingt-cinq dernières années. |
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