Mot du président des RVCQ: Denis Chouinard
La Petite RévolutionQuelle année! Alors que les observateurs s’entendaient pour annoncer en 2005 une baisse d’assistance dans les salles, c’est exactement le contraire qui s’est produit. C’était pourtant difficile de faire mieux que les dernières années où les succès au box-office se sont succédé. Cette année, trois de nos films ont frôlé ou dépassé la barre des cinq millions. Il y a cinq ans à peine, on aurait éclaté de rire si qui que ce soit avait avancé ce genre d’hypothèse. Et cette petite révolution que nous vivons en ce moment contamine maintenant d’autres sphères de la planète cinéma. Les Japonais, les Allemands et les Brésiliens ont acheté Saints-Martyrs-des-Damnés, Locarno a ouvert tout grand les bras à Bernard Émond et à Louise Archambault, Les États nordiques de Denis Côté fait littéralement le tour du monde des festivals. Et que dire de C.R.A.Z.Y.? De la persévérance de Jean-Marc Vallée qui a dû essuyer des refus chez presque tous les producteurs du Québec avant de pouvoir nous émouvoir tous avec ce remarquable film? La réponse, une grande bouffée d’amour, est venue de Marrakech, Venise, Los Angeles et viendra bientôt de la quarantaine de pays où le film a été vendu. La petite famille de Laurianne et Gervais Beaulieu n’a pas fini de faire parler d’elle. Courts métrages et documentaires ne sont pas en reste, loin de là. Les festivals de Nyon et de Clermont-Ferrand (deux films québécois en compétition cette année!) lorgnent de plus en plus vers ce qui se tourne ici. Les exploitants de salles ont recommencé à programmer des documentaires sur une base régulière et cette tendance semble vouloir se maintenir. On souhaite maintenant que le court métrage attire aussi leur attention. Cette percée à l’étranger du cinéma d’auteur québécois représente peut-être la plus belle surprise que nous ayons connue cette année. Si les cinéphiles du monde s’intéressent à ce que nous faisons, c’est parce que les œuvres que nous leur offrons sont uniques. Différentes. Le cinéma québécois a redécouvert le goût du risque et a recommencé à expérimenter avec la forme. Une sorte de confiance en soi s’est installée, créant ainsi un climat propice à ces sorties hors des sentiers battus. Désireux de refléter cette tendance, les Rendez-vous s’ouvrent cette année avec le nouveau film de Robert «pow pow» Morin, Que Dieu bénisse l’Amérique. Une œuvre singulière à l’image de ce cinéaste iconoclaste. Espérons que ce coup d’envoi sera à l’image de ce que l’année 2006 nous mijote. On a déjà hâte. Très très hâte. Bons Rendez-vous! Denis Chouinard |
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